Contact

Vicariat pour la Solidarité
5 rue de Belzunce – 75010 Paris
Tél. : 01 55 07 55 66 – Fax : 01 55 07 55 67
E-mail

Extraits d’interventions de Mgr Vingt-Trois au sujet des migrants

Mgr André Vingt-Trois s’est exprimé à plusieurs reprises sur la présence des étrangers dans notre pays. Voici quelques extraits de ces interventions.

Le 11 octobre 2005, au cours de la messe des parlementaires :

"Des images récentes et fortes ont frappé notre sensibilité [l’Archevêque faisait ici allusion aux incendies du mois d’août]. Elles nous invitent à veiller avec toujours plus d’attention au respect dû aux personnes, même quand on leur applique légitimement la rigueur des lois. Elles doivent surtout nous aider à affronter une question plus grave. Nous ne pouvons pas nous contenter de bons sentiments. Dans nos pays industrialisés, qui osera dire que l’accueil de l’étranger et l’aide au développement passent par un effort de solidarité qui inclut la remise en cause de nos modes de vie ? ".

Le 23 octobre 2005, à Notre-Dame, au cours de son homélie :

" Sommes-nous capables d’accepter que notre mode de vie soit remis en cause profondément et durablement ? Accueillir l’immigré c’est se poser la question du partage de ce que nous avons. C’est aussi nous poser la question de l’accueil d’une expérience et d’une sagesse humaines qui ne sont pas les nôtres mais qui ne sont pas cependant sans valeurs ".

Le 15 janvier 2006, dans un entretien au Parisien :

"Le phénomène des migrations n’est pas nouveau. En revanche, les moyens de communication et les disparités entre l’Occident et les pays pauvres font qu’il y a afflux d’immigrés en Europe. Cet afflux déclenche parfois des réflexes de défense et de rejet. C’est pourquoi l’Eglise rappelle qu’il y a des droits essentiels et élémentaires : circuler, se nourrir, se soigner, vivre en famille. (.) Le problème des " sans-papiers " est européen puisque nous sommes dans l’espace Schengen. L’essentiel, c’est de respecter le droit des migrants, de ne pas les traiter comme des bêtes. Quand des procédures de rétention administrative sont légitimes, elles ne peuvent être indéfiniment prolongées et doivent respecter les conditions humanitaires minimales. On ne peut tout de même pas mettre les gens en cage ! Lorsque les étrangers sont dans une situation d’attente face à l’administration pour obtenir le statut de réfugié ou une carte de séjour, ils devraient pouvoir accéder à un travail. Sinon, comment s’étonner qu’ils deviennent des errants, victimes malgré eux du travail au noir ? C’est pourquoi il convient de sanctionner plus sévèrement les entreprises qui se livrent à une exploitation esclavagiste des sans-papiers. "

Il a aussi invité nos communautés à Ãªtre attentives aux relations qu’elles suscitent avec les étrangers présents en leur sein. Ainsi lors de l’assemblée du 3 décembre :

" Nos communautés chrétiennes sont elles-mêmes traversées par les diversités ethniques et culturelles de la société (.). Il est important que nous progressions dans la prise en compte de ces diversités (.). Sommes-nous disposés à ne plus être des communautés qui accueillent des étrangers mais des communautés dont l’unité vécue permet de recevoir avec joie les différences et de les respecter réellement ? ".