L’an dernier, avec Madame Béatrice Michaud (coordinatrice du service diocésain des aumôneries de l’enseignement public) et avec Monsieur Jean-François Canteneur (adjoint au directeur de l’enseignement catholique pour le second degré), en réfléchissant au thème de formation pour cette année, nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de creuser la question de l’éducation à l’intériorité.
C’est une préoccupation constante des éducateurs catholiques. En témoigne l’intervention de Monsieur Denis Villepelet cette année à la rentrée des aumôneries de l’enseignement public, mais aussi lors de la rencontre annuelle des responsables des services diocésains des aumôneries de l’enseignement public. En témoigne aussi un document récent du secrétariat général de l’enseignement catholique À l’école de la liberté dans lequel est remis en valeur l’éveil à l’intériorité.
Cette thématique de l’éveil à l’intériorité nous allons la développer ce soir et au cours de deux lundis de formations que nous aurons en novembre et en décembre. Le père François Varillon écrivait : « On peut être en soi même sans être avec le Saint-Esprit ». Parmi les jeunes auprès desquels nous sommes envoyés, tous ne sont pas baptisés, mais tous ont une intériorité.
C’est pourquoi nous avons choisi de parler de l’intériorité en deux temps. Avec le professeur Philippe Jeammet, le lundi 16 novembre, nous nous intéresserons à tout ce qui se passe sur le parvis du sanctuaire. Car avant d’entrer dans le sanctuaire, et même à chaque fois que nous y entrons, il nous faut passer par le parvis. Le parvis à ceci d’intéressant qu’il est commun à tous les hommes, aux juifs comme aux gentils, au baptisé comme au non baptisé. Le parvis est un sas : ce n’est pas le sanctuaire, mais c’est un déjà un lieu pour se poser. Ils sont nombreux les jeunes à venir s’asseoir sur les marches des églises pour lire, discuter, ou avaler un sandwich. Leur regard est encore tourné vers la rue, vers l’extérieur, mais il leur arrive de jeter un coup d’œil à l’église et même d’en franchir les portes.
Une fois entré dans le sanctuaire, comment cela se passe-t-il ? Comment demeurer en présence de Dieu ? On peut déambuler dans le sanctuaire sans jamais faire de rencontre. Nous le savons bien, la rencontre avec Dieu ne peut se provoquer. Il n’y a pas d’alchimie qui permettrait de la synthétiser à coup sûr. Mais nous le savons aussi, il y a des chemins d’intériorité qui sont éprouvés. Une marche qui devient pèlerinage, un silence qui se fait prière, un temps de partage qui ouvre le cœur à l’écoute de la Parole. Avec Mgr de Dinechin, le lundi 7 décembre, nous réfléchirons aux formes de prière que nous proposons aux jeunes. Comment les mettre en œuvre pour qu’elles soient véritable adoration en esprit et en vérité (Jn 4,23) ?
Mais avant ces deux lundis de formation, nous avons demandé à Mgr de Moulins-Beaufort de nous aider à préciser notre langage. Qu’est-ce que l’intériorité ? Qu’est-ce que la vie de l’esprit ? Qu’est-ce que la vie spirituelle ? Nous lui avons aussi demandé de préciser les conditions de la vie proprement spirituelle, c’est-à-dire de la présence et de l’action en nous de l’Esprit-Saint, et de nous aider, nous qui sommes éducateurs, à honorer cette dimension spirituelle des jeunes qui nous sont confiés.
Père Stéphane Bentz
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