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L’origine du Chabath* est le repos du Créateur : de même que Dieu a cessé de créer le monde le septième jour, le juif pratiquant cesse toute activité une heure avant le coucher du soleil le vendredi jusqu’à la nuit le lendemain soir. Ce qui a été créé les 6 premiers jours, c’est l’espace (les cieux, la terre, la mer). Le Chabath ajoute une dimension supplémentaire : c’est la sanctification du temps.
Les nombreux interdits qui accompagnent cette journée apparaissent souvent, pour les non-juifs, comme des contraintes insupportables, alors que pour ceux qui les respectent, ils forment une barrière protectrice qui les déconnecte du monde économique, de la vie de tous les jours et les aide à développer une vie spirituelle en famille, avec leurs proches, leurs amis.
Après le branle-bas de combat du vendredi après midi où il faut veiller à terminer à temps toute activité, à se doucher, à mettre ses habits de chabath, à tout préparer, le début du Chabath est marqué à la maison par l’allumage par les femmes de 2 bougies (la flamme représente la lumière, la beauté). L’allumage des bougies détermine la séparation du chabath avec la semaine : on entre dans la bulle de paix et de sérénité qu’est le Chabath. La prière suit ,à la synagogue ou à la maison. Puis les parents bénissent les enfants, et tous entonnent un cantique de bienvenue pour les anges qui nous accompagnent symboliquement ce jour-là.
Le repas du vendredi soir, tout comme celui du samedi midi, est un repas de fête qui comporte très souvent poisson et viande. Avant de passer à table, le maître de maison entonne le kiddouch, qui est une sanctification du Chabath sur le vin. Puis tout le monde va se laver les mains, et on ajoute une bénédiction sur deux pains (la ‘hala - pain brioché et tressé) que l’on distribue à tous les convives. Le repas proprement dit peut alors commencer. Aucune occupation autre que l’étude ou la lecture n’étant possible (pas de télé, pas de courses, pas de bricolage, ni même de vaisselle ou de cuisine), le repas de Chabath est un moment privilégié pour la famille de se retrouver, d’échanger, d’écouter l’autre. La fin du repas est encore marquée par la récitation d’actions de grâces.
Le samedi matin est réservé à la prière à la synagogue ; tous les samedis, on lit une section de la Thora (les 5 livres de Moïse), ce qui fait qu’au bout d’une année, l’ensemble du texte aura été lu (puis étudié à la maison). Le repas du Chabath midi est généralement l’occasion de se recevoir entre amis, et l’après midi consacré au repos, à l’étude et /ou à la promenade : on reste dans le domaine du spirituel.
En fin d’après midi, un office supplémentaire a lieu à la synagogue, et une prière particulière y est dite, ainsi qu’à la maison pour toute la famille, la havdala, bénédiction sur la flamme, les épices et le vin, qui marque la fin du Chabath.
* Les auteurs ont employé le terme français de "Chabath" à la place de Shabbat
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